Dehors, le froid rode. Il me frôle, m'effleure, me touche, me paralyse. Tout en moi est gelé. Comme anesthésiée. Le brouillard est compact, comme impénétrable. La nuit n'est que pudeur. Ses spectres sont de sortie. Les gouttes perlent sur mon visage. Une brûlure se fait sentir. Ton rire résonne en moi. Mon coeur s'enflamme. Tes yeux me hantent. Je te sens si proche mais si loin à la fois. Tu es parti. J'aperçoie des enfants jouer. Leur innocence me fait sourire. Le temps s'évade. Les moments filent et défilent. La route est longue. Le silence est pesant. Il m'entoure. Me fait penser à toi encore et encore. Je hère, je m'attarde, je me stoppe puis je repars. La vie n'est qu'une route. Un chemin boueux qui bifurque au gré de ses envies. Tu es parti. Tes mots refont surface puis s'effacent de nouveau. Le néan est bien plus noir qu'on ne le croit. Un noir profond. Un noir d'encre. Un noir de jais. L'ombre se fraye un passage dans tout cela. Ne laissant que peu entrer les rayons du soleil. Les feuilles virevoltent. Mon coeur en patie. Je les suis, libres au vent. Roulant dans l'air, ne tenant même plus compte des saisons. Libertines. Plus rien n'a d'importance face à ton souvenir. S'il te plait, reviens. Reviens à moi. Reviens pour nous. Tu es parti. Tu me disais « Don't forget me, Don't forget us ». Je ne t'ai pas oublié, je n'oublierais pas nous. Mais toi ? Es-tu toujours à même de le dire. Tu es si loin. Cette patience me ronge. Mais si la patience s'apprend, j'apprendrais ce qu'est d'attendre. De t'attendre toi. Parce que je sais que tu reviendras. Et ce jour-là, plus rien d'autre n'existera.-_Juste Toi et Moi.
L`océan se reflète en ses yeux. De l`espoir naît dans les miens.